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JOHN BUTLER TRIO 11 JUILLET -

Scène Chapiteau
JOHN BUTLER TRIO

L'oeil de Guitare en scène

Ouvrir une fenêtre sur le monde, laisser sur la table du salon un café, un peu de méthadone et quelques cigarettes, prendre la route et suivre un oiseau aux yeux marrons, juste pour voir où il nous mène, dans quelles contrées son vol majestueux nous entraînera, se laisser porter par le courant et patauger dans l’eau à la recherche d’une rédemption, quelle qu’elle fut, pour toujours garder en soi la foi en des jours meilleurs, ceux où l’on quittera sa vallée, sa maison, pour aller découvrir d’autres rivages, d’autres mondes. Là, peut-être croiserons-nous John Butler, enchanteur venu de loin, d’au-delà des océans, porteur de cette rudesse et de cette complexité propre à cette île-continent qu’est l’Australie, poète du quotidien qui, entre hymnes capables de faire bouger les foules et délicates pépites atmosphériques, nous entraîne depuis un peu plus de vingt ans dans une folle virée folk aux accents country rock. Deux décennies et sept albums studio - le dernier «Home» étant sorti en septembre dernier - qu’il nous accompagne ainsi dans nos vies décousues, nous offrant, de loin en loin, quelques nouvelles d’un monde, gouverné par des petits garçons qui n’ont pas grandi, qui ne tourne pas si rond que cela, évoluant avec nous au fil du temps, goûtant en notre compagnie de nouvelles sonorités histoire de nous offrir de sensations indéites, mais restant toujours, envers et contre tout, fidèle à sa terre natale et à ses sons. Compagnon de route des hobos de la vie que nous sommes, John Butler - et ses acolytes musiciens - nous entraîne à sa suite vers cet horizon si différent du nôtre et pourtant si proche, ce lointain ailleurs qui pourtant vibre aussi face aux envolées rock et aux envoûtements blues, ce rêve devenu réalité d’un artiste libre de faire la musique qu’il aime et de chanter sans contraintes ce qu’il a sur le cœur. Alors, pour un soir d’été, c’est à Saint-Julien-en-Genevois qu’il posera ses valises, faisant de Guitare en Scène sa maison le temps d’y inviter quelques amis, nous !...

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BIOGRAPHIE

« La tentaton peut être grande de se contenter de faire la musique que tout le monde aime, une démarche qui n’a rien de très d’artstque et qui s’inscrit plutôt dans une logique commerciale. Pourtant il est important de savoir prendre des risques, car à un moment donné ils seront une source de satsfacton, sous une forme ou une autre.” Tels sont les propos de John Butler, auteur-compositeur-interprète et militant qui est également le musicien indépendant le plus apprécié et le plus populaire en Australie. “C’est avec mon coeur que je dirige ma carrière,” déclare ce guitariste né aux Etats-Unis et désormais installé au fn fond de l’Australie occidentale. “La créatvité peut prendre plusieurs formes. J’aime bien, par exemple, fabriquer des canifs dans ma cabane, ou bien peindre, ou aussi grimper aux arbres et passer du temps en famille. Autant d’actvités que je peux mener en parallèle.” Parallèlement à tout cela, il dirige également – avec une pette équipe d’associés, son propre label - Jarrah Records sur lequel (par le biais de Because) sortra HOME, septème album studio du John Butler Trio, le 28 septembre prochain.
Il aura fallu plus de quatre ans pour concocter HOME qui explore en profondeur des sujets chers au cœur de John Butler. En proie aux turpitudes d’un chaos intérieur au cours de l’écriture et de l’enregistrement de ce projet, John été amené à le concevoir en grande parte sans les autres membres du Trio, contrairement à ces prédécesseurs.
“La vie est un exercice d’équilibre,” explique-t-il. “Comme beaucoup d’entre nous, il y a des jours où je suis anxieux et stressé et d’autres pas – et cete fois je me suis sent comme étoufé par des mécanismes de défense inadaptés, par le poids de mon enfance et une sombre crise existentaliste. Cela fait bien longtemps que je suis confronté à des problèmes d’anxiété récurrents. J’ai toujours pensé, sans jamais vraiment pouvoir metre un nom dessus, qu’il s’agissait juste d’une réacton liée au stress provoqué de la vie moderne et aux tournées. Mais là j’avais vraiment l’impression d’un désastre imminent.”
“J’avais la tête tellement saturée,” poursuit-il, “que je n’ai eu aucun mal à faire le vide autour de moi et à écrire des chansons sans l’avis de personne d’autre.”
 Après sept albums studio et quatre live, le Butler Trio (qui réunit donc également Grant Greatly à la baterie et Byron Luiters à la basse) avait une sorte de routne de travail largement éprouvée mais avec HOME, tout a volé en éclat explique John.
“Lors de la première séance d’enregistrement, qui s’est déroulée dans mon studio, The Compound à Fremantle, en novembre 2016, j’étais comme partagé entre ce que j’avais toujours fait, en tant que membre de ce groupe très soudé, et moi-même, en tant qu’individu essayant de metre en œuvre une vision très personnelle. Grant et Byron faisaient leur maximum, mais j’avais besoin de trouver le bon environnement sur le plan psychique et afectf pour pouvoir donner vie à cet album et en l’occurrence ce n’était malheureusement pas le cas. Deux autres séances, dont une avec un producteur diférent et le Trio et une autre tout seul, ont mis en lumière le besoin de changer d’approche.”
Finalement, c’est le producteur Jan Skubiszewski qui a permis à John de trouver sa voie. “J’étais en territoire inconnu,” confe-t-il. “. Entre les démos, à base de beats et de synthés, élaborées sur mon ordinateur portable et la grande expérience de Jan en termes de hip hop, de dance et de producton, j’ai enfn trouvé une nouvelle manière de travailler. Nous avons ensuite enregistré les percussions et quelques partes de la secton rythmique avec le groupe au studio Compound avant une cinquième séance d’enregistrement dans les studios Red Moon de Jan à Victoria où j’ai terminé les bases de l’enregistrement. Pour fnir Byron et Grant sont venus muscler l’ensemble et apporter leur talentueuse touche fnale à HOME.
Pour créer HOME, John Butler a visiblement traversé un calvaire personnel et ce n’est guère la première fois qu’il a dû employer la manière forte pour parvenir au résultat souhaité.
“J’ai commencé à jouer de la guitare à l’âge de 16 ans et j’en ai aujourd’hui 43,” déclare John. “Et je me suis mis à jouer des instrumentaux dans la rue quand j’avais 21 ans. Adolescent j’écrivais des chansons juste pour moi et il m’a fallu un certain temps avant de parvenir à réaliser ma première démo. Je me souviens que la première personne qui m’a demandé une démo a dû revenir à la charge à deux ou trois reprises – et a même fni par laisser tomber. Ce jour-là j’ai réalisé qu’il fallait vraiment que je me bouge les fesses et que je le fasse.”
Cete première cassete s’est vendue à plus de 3 500 exemplaires – de quoi en décourager certains, même un musicien qui joue dans la rue. La plupart d’entre nous en serait restée là, préférant contnuer à profter de sa jeunesse, mais Butler a décidé de se bâtr une image.
“Peu à peu je suis passé de musicien de rue aux bars et aux clubs,” raconte John. “La semaine je donnais des concerts et je jouais dans la rue le week-end, puis j’ai eu de plus en plus de concerts et j’ai fni par ne plus jouer dans la rue. Ayant écrit plein de
 chansons, j’ai décidé de m’entourer d’un groupe avec un bateur et un bassiste pour les interpréter et j’ai formé le John Butler Trio.”
Les enregistrements de Butler lui ont permis de connaître le succès, même s’il ne s’est jamais reposé sur ses lauriers. Vers le milieu des années 2000 il a fondé son label ainsi qu’une organisaton caritatve – the Seed – qui vient en aide aux artstes et aux musiciens.Son engagement dans de nombreuses campagnes de défense de l’environnement est aussi important pour lui que sa musique.
“Ah, ne me lancez pas sur ce sujet !” dit-il avec un pett sourire. “Je préfère en rire parce que sinon je serai capable d’en pleurer. La fracturaton hydraulique qui a lieu en Australie ainsi qu’au Royaume Uni et aux Etats-Unis est hors de contrôle et afreusement dramatque. Ils s’en prennent à notre eau maintenant et moi j’aime avoir une eau et un air propre. Est-ce que pour autant cela fait de moi un fondamentaliste ? Je ne pense pas. Au moins l’environnement n’est plus considéré comme un sujet marginal, ou un truc de gauchiste comme ce fut le cas pendant longtemps. Personnellement, je sélectonne les causes que je souhaite défendre et de quelle façon je me peux me rendre utle dans une campagne.”
Si l’on ajoute à cela son point de vue et sa vision du monde, il n’est guère étonnant que les nouvelles chansons deHOME consttuent une expérienceimmersive.L’album rassemble des hymnes imparables, comme ‘Tahitan Blue’ et ‘Running Away’, ainsi que des morceaux plus atmosphériques tels que ‘Wade In The Water’. Et si vous avez envie de bons gros sons country-rock, il suft d’écouter ‘Miss Your Love’, à propos duquel Butler explique : “Le garçon qui erre dans un corps d’homme est un thème récurrent sur lequel je suis souvent revenu – ‘Miss Your Love’ c’était un peu ma façon de poursuivre dans cete voix.”
Mais ce qui fait l’âme de HOME, c’est l’approche acoustque de John Butler, qui laisse litéralement sa voix s’envoler – aussi bien seule que dans un ensemble d’harmonies. ‘Just Call Me’; ‘Faith’; ‘Tell Me Why’; ‘Cofee, Methadone & Cigaretes’ – sont toutes des chansons d’une rare discréton qui donnent aux mélodies tout l’espace qu’elles méritent.
Musicalement, l’album est un savant mélange de sonorités. Si la voix de Butler et les instrumentatons roots consttuent bien entendu le fondement de sa musique, cete dernière est également riche de toute une palete d’autres éléments. Ainsi par exemple les beats électroniques et la basse de ‘You Don’t Have To Be Angry Anymore’ et de la chanson qui a donné son ttre à l’album metent en lumière la concision des arrangements. Mais c’est certainement lorsqu’il mêle subtlement les deux, comme dans ‘Brown Eyed Bird’ et ‘We Want More’, que John Butler excelle.
“J’essaye d’incorporer tous les diférents sons que j’aime pour créer naturellement une chanson – et non une sorte de fabricaton à la Frankenstein,” dit-il.
“Après tout j’aime tout autant Skrillex que Dolly Parton, et Beyoncé que Gillian Welch, même si j’ai une façon un peu datée de jouer de la guitare en utlisant de vieilles techniques de banjo et de picking à l’indienne, mais toute la musique que j’aime est vraiment moderne. Je suis juste un musicien folk au beau milieu.”
Et de déclarer pour résumer : “Ce que vous entendez c’est en fait l’aboutssement de tout un périple, une sorte de rite de passage impossible à éviter et qu’il me fallait impératvement traverser.”
Lorsqu’on lui demande de comparer HOME avec ses précédents albums, il confe : “C’est juste le fruit d’une évoluton; quelque chose auquel je pense et que j’essaye d’ateindre depuis des années. Y suis-je parvenu ? Probablement pas, mais ce sont les aléas du périple, on ne peut jamais tout maîtriser. On se dirige toujours vers l’horizon, sans jamais vraiment l’ateindre.”
Aurait-il pu concevoir HOME lorsqu’il était un jeune gamin inexpérimenté de Fremantle dans les années 90 ? “Non !” s’exclame-t-il en riant. “J’aurais bien aimé, mais sur le plan philosophique, je ne pouvais pas en être là et le chemin qui m’a amené à ce stade est celui que je devais suivre. En fait je suis plutôt content de ne pas avoir essayé de faire cet album il y a 20 ans car je n’avais pas la maturité nécessaire. Au bout de toutes ces années je fnis mon apprentssage et je suis heureux que cela ait duré 20 ans – car j’ai l’impression que je commence seulement à pas mal me débrouiller !”
Joel McIver, 2018
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